Distance entre un groupe électrogène et un bâtiment : les 8 mètres de l’article EL 7, mythe ou règle ?

Distance entre un groupe électrogène et un bâtiment : les 8 mètres de l’article EL 7, mythe ou règle ?

Publié le 25 septembre 2026

En bref : l’article EL 7 du règlement de sécurité ERP (arrêté du 25 juin 1980) ne fixe aucune distance entre un groupe électrogène et un bâtiment. Il impose que le groupe soit placé dans un local de service électrique aux parois et plancher haut coupe-feu 2 heures, avec dispositifs de franchissement coupe-feu 1 heure. Les 8 mètres souvent cités viennent de l’article CO 8, qui traite de l’isolement entre un ERP et un bâtiment tiers en vis-à-vis. L’implantation d’un groupe à l’extérieur reste, elle, examinée au cas par cas.

Vous cherchez quelle distance respecter entre un groupe électrogène et un bâtiment recevant du public, et on vous a répondu « 8 mètres ». Cette cote circule dans les bureaux d’études, les comptes rendus de visite et les cahiers des charges. Elle ne figure pourtant dans aucun article traitant des groupes électrogènes.

Ce que le règlement impose, c’est d’abord une enveloppe coupe-feu. Sans en tirer de conclusion trop rapide : la qualité de l’enveloppe est un élément central du dossier, mais elle ne suffit pas à fixer la position du groupe. L’implantation reste appréciée au regard de la configuration réelle du site et des exigences applicables à l’établissement.

Ce que dit vraiment l’article EL 7

L’article EL 7 du règlement de sécurité ERP s’intitule « Implantation des groupes électrogènes ». Son paragraphe 1 demande que les groupes — à l’exception de ceux dont le fonctionnement est associé à une installation de cogénération — soient disposés dans des locaux de service électrique répondant à l’article EL 5, isolés dans les conditions du § 3 a) de cet article (texte vérifié le 24 septembre 2026).

Ce renvoi est le cœur du sujet : l’article EL 5 § 3 a) décrit un isolement par parois verticales et plancher haut coupe-feu de degré 2 heures, avec dispositifs de franchissement coupe-feu de degré 1 heure, sans communication directe avec les locaux ou dégagements accessibles au public.

Le texte parle donc de parois, de planchers et de portes. Jamais de mètres. C’est une exigence de performance de l’enveloppe, et c’est ce qui rend les solutions conteneurisées pertinentes pour l’énergie de secours en container — à condition que l’enveloppe soit conçue et justifiée pour le degré recherché.

L’article EL 7 ajoute quatre familles d’exigences, souvent oubliées dans les premiers arbitrages :

  • Ventilation (§ 3) : les locaux où sont installés les moteurs doivent être largement ventilés sur l’extérieur, quelle que soit la puissance.
  • Combustible liquide (§ 4 a) : sol imperméable formant cuvette étanche, seuil des baies surélevé d’au moins 0,10 mètre, canalisations fixes, étanches et rigides, coupure rapide placée à l’extérieur du local, dépôt d’au moins 100 litres de sable avec une pelle et des extincteurs pour feux de classe B près de la porte d’accès.
  • Quantité stockée (§ 4 c) : pour un combustible liquide de deuxième catégorie — point d’éclair ≥ 55 °C et < 100 °C, ce qui couvre le gazole — la quantité autorisée dans la salle des moteurs est limitée à 500 litres en réservoirs fixes. Au-delà, le stockage relève d’un local spécial régi par les articles CH 15 à CH 17.
  • Gaz de combustion (§ 6) : évacuation directe sur l’extérieur par des conduits incombustibles et étanches, en gaine dont le degré coupe-feu égale le degré de stabilité au feu du bâtiment.

Le local intérieur : coupe-feu 2 heures et ventilation

Quand le groupe reste dans le bâtiment, l’exigence se lit directement : un local de service électrique dédié, parois et plancher haut CF 2 h, franchissements CF 1 h, aucune communication directe avec les locaux et dégagements accessibles au public.

Deux points font basculer les projets en phase d’exécution. La ventilation d’abord : un moteur diesel de secours demande un débit d’air qui suppose de larges prises d’air en façade, avec le bruit qui les accompagne. L’obturation des traversées ensuite : l’article EL 10 § 4 demande que les traversées de parois par des canalisations électriques soient obturées sans diminuer le degré de résistance au feu prescrit pour la paroi — un point singulier que l’on traite calfeutrement par calfeutrement.

Exigence EL 5 § 3 Valeur Ce qu’elle concerne
a) Parois verticales et plancher haut CF 2 h Locaux groupes électrogènes (EL 7 § 1)
a) Dispositifs de franchissement CF 1 h Portes et trappes du local
b) Parois et plancher haut CF 1 h, portes CF 1/2 h Batteries des installations de sécurité (EL 8 § 2)

Source : arrêté du 25 juin 1980, articles EL 5, EL 7, EL 8 et EL 10 (version en vigueur en septembre 2026).

Ces contraintes sont des données d’entrée de dimensionnement : elles décident de l’épaisseur des parois, de la nature des blocs-portes, de la section des grilles et de la position de la cheminée. Les traiter tôt évite de découvrir, en fin de chantier, qu’un local maçonné existant n’atteint pas le degré demandé.

L’implantation extérieure : d’où viennent les 8 mètres

Dès que le groupe sort du bâtiment, la lecture se tend : l’article EL 7 vise l’implantation en local de service électrique et ne traite pas explicitement du cas d’un groupe installé à l’extérieur, dans un ouvrage indépendant. C’est cette absence qui alimente les interprétations.

La cote de 8 mètres existe bien dans le règlement, mais ailleurs et pour un autre objet. L’article CO 8 § 1 vise deux façades séparées par une aire libre de moins de 8 mètres : celle du bâtiment abritant l’ERP et celle d’un bâtiment occupé par des tiers. La façade de l’un des deux doit alors être pare-flammes de degré 1 heure, les baies éventuelles étant obturées par des éléments PF de degré 1/2 heure.

Le texte prévoit une aggravation et une dispense, l’une et l’autre souvent oubliées :

  • Aggravation : lorsque le bâtiment comporte par destination des locaux réservés au sommeil au-dessus du premier étage, la façade doit être coupe-feu de degré 1 heure, et non simplement pare-flammes.
  • Dispense (CO 8 § 2) : les dispositions du § 1 ne sont pas exigées lorsque l’établissement est séparé du bâtiment tiers par une aire libre d’au moins 4 mètres de large et répond simultanément à deux conditions — le plancher bas du niveau le plus haut accessible au public est à moins de 8 mètres du sol, et l’établissement ne comporte pas par destination de locaux réservés au sommeil au-dessus du premier étage.

Ces deux conditions sont cumulatives : un établissement avec hébergement, un hôpital ou un hôtel par exemple, ne peut pas se prévaloir de la dispense des 4 mètres.

À retenir : aucune disposition du règlement ERP n’impose 8 mètres entre un groupe électrogène et le bâtiment qu’il alimente. Les 8 mètres de l’article CO 8 mesurent une aire libre d’isolement entre un ERP et un bâtiment occupé par des tiers en vis-à-vis. Les règles d’implantation doivent toutefois être déterminées en tenant compte de l’ensemble des dispositions réglementaires applicables et des caractéristiques du site.

Deux situations doivent donc être distinguées.

Un bâtiment voisin appartenant à un tiers : l’article CO 8 s’applique directement, avec son aggravation et sa dispense. La question n’est alors plus celle du groupe électrogène, mais celle de l’isolement entre l’établissement et ce tiers — sachant que l’article CO 6 § 2 classe à risques particuliers un établissement ou un tiers abritant une installation classée au titre de l’environnement, ce qui peut durcir les exigences.

Un groupe électrogène implanté à l’extérieur et alimentant l’établissement lui-même : il n’est pas un « tiers » au sens du règlement, et l’article CO 8 ne le vise pas. Sa transposition relève de l’analogie. Une cote de 8 mètres exigée dans ce cas procède d’une appréciation locale — le plus souvent d’une prescription reprise dans un avis de commission de sécurité — et non d’un article du règlement.

La conséquence pratique est double. La distance n’est pas, en elle-même, un critère de conformité : un projet à 5 mètres n’est pas irrégulier par principe. Mais aucune disposition ne garantit non plus qu’une implantation rapprochée sera acceptée. La commission de sécurité peut légitimement demander un isolement, un éloignement ou des dispositions complémentaires lorsque la façade en regard comporte des baies, des portes ou des dégagements où le public circule. La question qu’elle se pose est celle du risque de propagation, pas celle du mètre ruban.

Ce qu'un container coupe-feu change à l'implantation

Un container technique apporte au groupe une enveloppe construite, dimensionnée et justifiée, de même nature que celle que l’article EL 7 attend d’un local. Nous pouvons concevoir ces enveloppes en REI 60 ou REI 120, selon le degré retenu pour le projet, en traitant l’ensemble des points singuliers : parois, blocs-portes, calfeutrements de traversées, clapets sur les circuits d’air. Ce degré se fixe en amont, avec le bureau de contrôle et la maîtrise d’œuvre ; la correspondance entre l’ancienne désignation française (CF 2 h) et la classification européenne (REI 120) se vérifie au cas par cas, selon l’élément considéré et son sens de sollicitation.

Groupe électrogène intégré dans un container technique de 40 pieds

Selon les exigences du projet, la performance coupe-feu de l’ouvrage peut être certifiée par un organisme de contrôle, qui délivre le justificatif final remis avec le container, sur la base des procès-verbaux des composants mis en œuvre et des notes de calcul de notre bureau d’études.

Trois effets sur l’implantation, à lire comme des arguments de dossier et non comme des dérogations :

  1. La discussion se déplace de la cote vers la performance justifiée. On ne présente plus seulement une distance, mais un degré de résistance au feu et le document qui l’atteste. Cela ne dispense pas de l’examen d’implantation : cela lui donne une matière.
  2. Les marges de conception s’élargissent. Sur une parcelle contrainte, une enveloppe justifiée ouvre des positions qu’un ouvrage non justifié n’aurait pas permis d’instruire. La position finale reste arbitrée par les intervenants du projet.
  3. Le bruit se traite dans la même enveloppe. Rapprocher un groupe d’une façade rapproche aussi sa source de bruit des occupants : traitement acoustique et traitement coupe-feu se conçoivent ensemble, ce que permet un container acoustique haute performance.

La même logique vaut sur les sites où l’énergie de secours est critique, comme les containers groupes électrogènes pour datacenter. Le référentiel applicable y est en revanche à établir projet par projet : selon la puissance installée et l’activité du site, l’installation peut relever de la réglementation ICPE, du règlement ERP, ou des deux.

Commission de sécurité et bureau de contrôle : qui valide quoi

Deux acteurs interviennent, avec des rôles distincts qu’il est utile de ne pas confondre.

Le bureau de contrôle examine la conception et l’exécution au regard des textes : il vérifie que le degré coupe-feu annoncé est justifié, que les notes de calcul tiennent, que les calfeutrements sont conformes. Il travaille sur des documents et sur l’ouvrage.

La commission de sécurité est un organe consultatif. Elle examine le dossier et l’établissement, puis rend un avis — favorable ou défavorable, le cas échéant assorti de prescriptions. La décision d’autorisation appartient à l’autorité de police, en pratique le maire ou le préfet, qui suit généralement cet avis sans y être tenu. Un « refus de la commission » est donc, en toute rigueur, un avis défavorable dont l’autorité tire les conséquences. La nuance compte : une prescription d’éloignement figurant dans un avis est motivée par une configuration — des baies en regard, un dégagement, un usage particulier — et n’est pas transposable telle quelle à un autre projet.

D’où la méthode qui fonctionne : plutôt que de demander « quelle distance faut-il ? », soumettre une configuration documentée — degré de résistance au feu de l’enveloppe et son justificatif, position des baies en regard, traitement des rejets et des prises d’air, cheminement des réseaux de combustible.

Notre bureau d’études pluridisciplinaire container produit ce dossier en amont, suivant le périmètre des prestations convenues, ce qui réduit les allers-retours. Deux réflexes le complètent : associer le service de sécurité incendie de l’établissement dès l’esquisse, et vérifier si le site relève par ailleurs d’un classement ICPE, auquel cas un second référentiel s’ajoute.

Le cas d'un établissement de santé

Un hôpital concentre toutes les contraintes à la fois. L’alimentation de secours doit être disponible, le foncier est rare, les façades sont largement vitrées, l’activité se poursuit pendant les travaux — et l’établissement comporte par destination des locaux réservés au sommeil, ce qui place les exigences d’isolement dans leur version aggravée.

Dans cette configuration, l’implantation extérieure au plus près du bâtiment est souvent l’option la plus réaliste : le local intérieur suppose des travaux lourds en site occupé, et l’éloignement allonge les liaisons de puissance et les réseaux de combustible. Elle reste une option à instruire, pas un acquis.

Containers pour groupes électrogènes assemblés dans notre atelier

Le chemin de conception : établir la position souhaitée, relever les baies et dégagements de la façade en regard, fixer avec le bureau de contrôle le degré de résistance au feu de l’enveloppe, vérifier le traitement acoustique vis-à-vis des chambres et des tiers, puis soumettre l’ensemble avant le passage en commission. Nos containers acoustiques pour groupes électrogènes illustrent ce type d’intégration en site contraint.

Le groupe lui-même reste fourni par le constructeur ou le distributeur retenu par l’établissement : nous concevons l’enveloppe et réalisons l’intégration complète — châssis et plots, fumisterie et silencieux, réseaux de combustible, armoires et inverseur de source, ventilation, détection.

Ce qu’il faut retenir

  • L’article EL 7 impose une enveloppe coupe-feu 2 heures avec franchissements CF 1 h, jamais une distance en mètres.
  • Les 8 mètres proviennent de l’article CO 8, relatif à l’isolement entre un ERP et un bâtiment occupé par des tiers ; le § 2 prévoit une dispense à partir de 4 mètres, sous deux conditions cumulatives qui excluent les établissements avec hébergement.
  • Appliqués à un groupe électrogène alimentant l’établissement, les 8 mètres relèvent de l’analogie et d’une appréciation locale, pas d’une obligation textuelle.
  • Un container REI 60 ou REI 120 apporte une enveloppe justifiée qui nourrit le dossier d’implantation ; il ne dispense pas de l’examen au cas par cas.
  • Les exigences annexes de l’EL 7 — ventilation, cuvette étanche, 500 litres maximum en salle des moteurs, gaine d’évacuation des gaz — conditionnent la conception autant que le coupe-feu.

Questions fréquentes

Le règlement de sécurité ERP ne fixe pas de distance entre un groupe électrogène et le bâtiment qu’il alimente. Il exige que le groupe soit placé dans un local de service électrique isolé par des parois et un plancher haut coupe-feu 2 heures, avec des dispositifs de franchissement coupe-feu 1 heure. Pour une implantation extérieure, la distance retenue résulte de l’examen du projet et peut faire l’objet d’une prescription de la commission de sécurité selon la configuration du site.

L’article EL 7 de l’arrêté du 25 juin 1980 traite de l’implantation des groupes électrogènes dans les ERP. Il renvoie aux conditions d’isolement de l’article EL 5 § 3 a), impose une ventilation large sur l’extérieur, encadre le stockage et l’alimentation en combustible liquide — dont la limite de 500 litres en réservoirs fixes dans la salle des moteurs pour un combustible de deuxième catégorie — et demande une évacuation directe des gaz de combustion par des conduits placés en gaine coupe-feu.

Il fournit au groupe une enveloppe dont la résistance au feu est justifiée et certifiée par un organisme de contrôle, ce qui donne au bureau de contrôle et à la commission de sécurité l’élément qu’ils examinent réellement. Il ne crée aucun droit à une distance donnée : la position finale reste arbitrée au cas par cas, en fonction des baies en regard, de l’usage de l’établissement et de la configuration du site.

Dans ce cas, l’article CO 8 s’applique directement : en deçà de 8 mètres d’aire libre entre les façades, l’une d’elles doit être pare-flammes de degré 1 heure, avec obturation des baies par des éléments PF de degré 1/2 heure — exigence portée à coupe-feu 1 heure si le bâtiment comporte des locaux de sommeil au-dessus du premier étage. Le paragraphe 2 dispense de ces dispositions à partir de 4 mètres d’aire libre, à deux conditions cumulatives : plancher bas du niveau le plus haut accessible au public à moins de 8 mètres du sol, et absence de locaux réservés au sommeil au-dessus du premier étage.

Une implantation se valide sur un dossier, pas sur une cote. Fixer tôt le degré de résistance au feu visé, la position des baies en regard et le traitement acoustique permet d’arriver en commission de sécurité avec une configuration défendable plutôt qu’avec une question ouverte.

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Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue ni une étude de conformité ni une garantie d’acceptation. Chaque implantation doit faire l’objet d’une analyse spécifique au regard de la réglementation applicable.

Sources : arrêté du 25 juin 1980 modifié, règlement de sécurité ERP — articles EL 5 à EL 11 et CO 6 à CO 10. Textes vérifiés le 24 septembre 2026.

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