Container coupe-feu 2 h (REI 120) pour groupe électrogène : normes, classement et certification

Container coupe-feu 2 h (REI 120) pour groupe électrogène : normes, classement et certification

Publié le 14 septembre 2026

En bref : REI 120 signifie qu’un container coupe-feu conserve pendant 120 minutes sa capacité portante (R), son étanchéité aux flammes et aux gaz chauds (E) et son isolation thermique (I), sous la courbe d’incendie normalisée ISO 834.

Un container coupe-feu 2 h pour groupe électrogène n’est pas un container avec un isolant plus épais. C’est un ouvrage dont la tenue au feu a été réfléchie et détaillée en laboratoire, sur une configuration décrite, et dont le justificatif final fixe les limites de ce qu’il autorise.

R, E et I : ce que signifie REI 120 pour un container

Le classement européen de résistance au feu combine trois critères, chacun mesuré séparément pendant l’essai, et une durée exprimée en minutes.

Lettre Critère Ce qui est vérifié pendant l’essai
R Capacité portante L’élément continue de porter sa charge
E Étanchéité au feu Ni flamme ni gaz chaud ne traversent
I Isolation thermique Échauffement limité côté non exposé

Source : NF EN 13501-2, classification au feu des produits et éléments de construction (vérifié en septembre 2026).

Le critère I est le plus contraignant, et celui qui est le plus souvent sous-estimé. Il impose que la face non exposée ne s’échauffe pas de plus de 140 °C en moyenne et 180 °C en tout point. C’est lui qui empêche la paroi d’enflammer par rayonnement ce qui se trouve de l’autre côté.

D’où trois classements à ne pas confondre. Une paroi RE 120 est stable et étanche, mais laisse passer la chaleur. Une paroi EI 120 est étanche et isolante, mais non porteuse. Une paroi REI 120 cumule les trois.

Sur un container, la nuance n’est pas théorique : les parois qui reprennent des charges — celles qui portent le groupe, le toit et l’aéroréfrigérant — relèvent du R, les cloisons intérieures non.

D’autres lettres complètent le classement : S pour l’étanchéité aux fumées froides, C pour la fermeture automatique d’une porte, W pour la limitation du rayonnement. Un cahier des charges qui demande « EI 120 » pour un clapet obtient donc autre chose que s’il demande « EI 120 S ».

CF 2 h ou REI 120 : deux vocabulaires pour la même exigence

Les textes français ont longtemps classé en stabilité au feu (SF), pare-flammes (PF) et coupe-feu (CF), en heures. L’arrêté du 22 mars 2004 relatif à la résistance au feu des produits et ouvrages a introduit les classements européens et leur correspondance : SF devient R, PF devient RE ou E, CF devient REI ou EI, et les heures deviennent des minutes.

Un « coupe-feu de degré 2 heures » correspond à une performance de 120 minutes, mais la classification européenne dépend de la fonction de l’élément : EI 120 pour un élément non porteur, REI 120 lorsqu’il assure également une fonction portante. Les deux formulations coexistent dans les textes en vigueur, ce qui explique qu’un même projet voie passer les deux.

Quand le coupe-feu 2 h est exigé : ERP, ICPE, assureurs, datacenters

L’exigence de tenue au feu ne vient jamais du container. Elle vient du site, de son classement et de son voisinage — et trois sources différentes peuvent l’imposer sur un même projet.

Origine de l’exigence Texte de référence Ce qui est demandé
ERP Arrêté du 25 juin 1980, EL 5 et EL 7 Parois et plancher haut CF 2 h, franchissements CF 1 h
ICPE 2910 Arrêté du 3 août 2018 Parois, couverture et plancher haut REI 120, portes EI 30, structure R 60
Assureur, exploitant CCTP, police d’assurance Exigence contractuelle, variable — à lire au cas par cas

En établissement recevant du public, l’exigence est explicite. L’article EL 7 impose que les groupes électrogènes — hors cogénération — soient installés dans un local de service électrique isolé selon le § 3 a) de l’article EL 5 : parois et plancher haut coupe-feu de degré 2 heures, franchissements coupe-feu de degré 1 heure, sans communication directe avec les locaux accessibles au public.

C’est la référence que rencontrent les hôpitaux, les cliniques et les établissements scolaires.

À anticiper : l’arrêté du 19 février 2026 réécrit ce paragraphe en classement européen — « EI 120 (REI 120 en cas de fonction portante) », franchissements « EI 60 » — dans une version applicable à compter du 1er juin 2027. Le fond ne change pas ; le vocabulaire des pièces écrites, si.

Pour certaines installations relevant du régime de déclaration de la rubrique 2910-A, l’arrêté du 3 août 2018 impose notamment une distance d’éloignement de 10 mètres vis-à-vis des limites de propriété, des tiers et des matières combustibles.

Quand ces 10 mètres n’existent pas — et sur un site en exploitation, ils n’existent presque jamais — l’arrêté autorise à abriter les appareils dans un local dont il fixe la tenue au feu. C’est le mécanisme que détaille notre article sur les seuils et prescriptions de l’ICPE 2910.

Sur un datacenter, l’exigence est le plus souvent contractuelle. Ces sites relèvent rarement du régime ERP, mais leurs cahiers des charges d’exploitant et d’assureur reprennent volontiers un objectif de compartimentage 2 heures entre l’énergie de secours et le reste de l’infrastructure.

La contrainte est alors opposable par le contrat plutôt que par la réglementation, ce qui ne la rend pas plus négociable. Elle s’ajoute aux autres critères qui pilotent la conception d’un container groupe électrogène pour datacenter.

Dans les trois cas, la question à poser au prescripteur est la même, et elle arrive rarement assez tôt : REI ou EI, quelle durée, et sur quelles faces ? Un container exposé sur une seule façade et un container isolé au milieu d’une cour ne relèvent pas des mêmes contrôles.

Local moteur compartimenté dans un container technique pour datacenter

Portes, grilles et traversées : les points où un REI 120 se perd

Une paroi pleine tient le feu. Ce sont les percements qui décident du résultat, et un container technique en compte de nombreux : portes d’accès, grilles d’air, passages de câbles, tuyauteries de carburant, conduit d’échappement.

Chaque percement relève d’un essai et d’un classement propres :

  1. Les portes sont essayées selon la NF EN 1634-1 et classées selon la EN 13501-2. Le classement porte sur le bloc-porte complet — vantail, huisserie, quincaillerie, joints intumescents — et non sur le vantail seul. La mention C atteste du dispositif de fermeture automatique, que la plupart des textes exigent sur les portes intérieures.
  2. Les traversées de câbles et de tuyauteries se traitent par des systèmes de calfeutrement essayés selon la NF EN 1366-3. Le calfeutrement est qualifié pour un type de paroi, une épaisseur, un diamètre et un taux de remplissage : le remplacer par un mastic générique annule la performance.
  3. Les gaines et les clapets relèvent notamment des NF EN 1366-1 et NF EN 1366-2. La classification peut être complétée par le symbole S lorsqu’une exigence d’étanchéité aux fumées est applicable, tandis que le symbole C caractérise la fermeture automatique.
  4. Le conduit d’échappement obéit à une règle propre. L’article EL 7 § 6 demande que les gaz de combustion soient évacués directement vers l’extérieur par des conduits incombustibles et étanches, placés dans une gaine de degré coupe-feu égal au degré de stabilité au feu du bâtiment.

Reste le percement le plus grand et souvent le moins bien traité : la ventilation. Un groupe de forte puissance demande plusieurs dizaines de milliers de mètres cubes d’air par heure, donc des sections d’entrée et de sortie qui se comptent en mètres carrés.

Une grille acoustique n’est pas un dispositif coupe-feu : elle traite le bruit, pas le feu. Refermer ces ouvertures suppose des volets ou des clapets dédiés, qualifiés pour la durée visée, et une logique de commande cohérente avec le scénario de sécurité du site.

Un container coupe-feu est donc un assemblage de performances hétérogènes. Le résultat d’ensemble n’est pas celui de la meilleure paroi : c’est celui du point le plus faible, exactement comme en acoustique.

Portes de container 40 pieds équipées de silencieux d'entrée d'air en excroissance

Coupe-feu et acoustique : concilier deux enveloppes qui se contrarient

Sur un container groupe électrogène, l’exigence coupe-feu arrive presque toujours accompagnée d’une exigence acoustique. Les deux enveloppes partagent une ressource — la masse — et s’opposent sur le reste.

Ce qui les rapproche. La masse surfacique sert l’isolation acoustique comme la tenue au feu, et la laine de roche haute densité travaille dans les deux registres : absorbante pour le bruit, incombustible pour le feu. Nos habillages et nos portes existent en versions qualifiées au feu — un bâtiment acoustique pour cogénération associe couramment habillages REI 120 et blocs-portes coupe-feu 120 minutes.

Ce qui les oppose. L’acoustique réclame des chicanes, des plénums et des silencieux longs. Le feu réclame de l’incombustibilité et la capacité à obturer. Surtout, les deux disciplines se disputent la même surface : chaque mètre carré d’ouverture d’air est un mètre carré que l’acoustique doit traiter et que le feu doit pouvoir refermer.

Ces enveloppes se calculent donc ensemble, pas successivement. Nos containers couvrent couramment des gains acoustiques de 30 à 45 dB(A) entre intérieur et extérieur ; cette performance ne survit à l’ajout d’un clapet ou d’une porte coupe-feu que si l’arbitrage a été posé à la conception — le travail de notre bureau d’études pluridisciplinaire container.

Notre container coupe-feu : REI 60, REI 120 et domaine d’emploi

Nous concevons et fabriquons l’enveloppe. Le groupe électrogène, lui, est fourni par votre constructeur ou votre distributeur : nous l’intégrons, avec son échappement, sa ventilation, son alimentation en carburant et ses armoires. La tenue au feu est donc une caractéristique de l’ouvrage que nous produisons.

Nous construisons ces enveloppes pouvant atteindre des performances REI 60 et REI 120, avec justificatif délivré par un organisme de certification. Dans le cadre de l’instruction d’un dossier de sécurité ou d’un dossier ICPE, c’est le justificatif et son domaine d’application qui permettent d’étayer la performance annoncée — pas la seule description commerciale.

Ce que nous remettons avec le container suit la même logique : le justificatif et son domaine d’emploi, les notes de calcul de structure, les plans de constitution des parois et le détail des points singuliers traités. Ces pièces alimentent le dossier de sécurité ou le dossier ICPE du site.

L’enveloppe coupe-feu est aussi une masse et une épaisseur : elle se paie en poids, en encombrement intérieur et en section utile de ventilation. Sur un container acoustique haute performance, ces trois grandeurs se négocient au même moment que le gabarit.

D’où la règle : poser la question du coupe-feu à l’esquisse. Ajoutée en cours de projet, elle ne se traduit pas par une option, mais par une reprise du dimensionnement.

Ce qu’il faut retenir

  • REI 120 = 120 minutes de capacité portante (R), d’étanchéité au feu (E) et d’isolation thermique (I) sous la courbe ISO 834. EI 120 sans R n’est pas la même exigence.
  • Un “coupe-feu de degré 2 heures” correspond à une performance de 120 minutes. Selon la fonction de l’élément, cette performance peut notamment être exprimée en EI 120 ou en REI 120 lorsqu’il assure également une fonction portante. Les deux vocabulaires coexistent dans les textes et les dossiers techniques
  • En ERP, l’article EL 7 renvoie à des parois CF 2 h et des franchissements CF 1 h ; en ICPE 2910, le local coupe-feu est l’alternative aux 10 mètres d’éloignement.
  • Une certification coupe-feu vaut pour une configuration, pas pour un produit : dimensions, sens d’exposition, fixations et mise en œuvre bornent son domaine d’emploi.
  • Le point faible d’un container coupe-feu n’est rarement la paroi : ce sont les portes, les traversées et les grandes ouvertures de ventilation.

Questions fréquentes

REI 120 signifie que l’élément conserve pendant 120 minutes trois performances simultanées : sa capacité portante (R), son étanchéité aux flammes et aux gaz chauds (E) et son isolation thermique (I), c’est-à-dire un échauffement limité à 140 °C en moyenne sur la face non exposée. Le classement est prononcé selon la norme NF EN 13501-2 à partir d’un essai normalisé. Sans le R, on parle d’EI 120 : l’élément est étanche et isolant, mais non porteur.

Non, sauf si elles figurent explicitement dans le rapport. Le PV qualifie le produit ou la paroi tel que soumis au contrôle de l’organisme compétent. Les traversées de câbles et de tuyauteries relèvent de systèmes de calfeutrement essayés séparément selon la NF EN 1366-3, avec leur propre domaine d’emploi : type et épaisseur de paroi, diamètre, taux de remplissage. Un calfeutrement générique posé hors de ce domaine dégrade la performance de l’ensemble.

Trois situations reviennent souvent. En établissement recevant du public, l’article EL 7 de l’arrêté du 25 juin 1980 impose un local à parois coupe-feu de degré 2 heures. En installation classée sous la rubrique 2910, le local coupe-feu — parois, couverture et plancher haut REI 120, portes EI 30, structure R 60 — est l’alternative prévue quand les 10 mètres d’éloignement imposés par l’arrêté du 3 août 2018 ne peuvent pas être respectés. Enfin, un cahier des charges d’exploitant ou d’assureur peut l’exiger contractuellement, notamment sur les datacenters.

Poser la question du domaine d’emploi

La tenue au feu, l’acoustique et la ventilation se décident au même moment, celui où le gabarit du container est figé. Si votre projet porte une exigence coupe-feu — réglementaire ou contractuelle — décrivez-nous votre configuration et l’origine de l’exigence : nous vous indiquons le domaine d’emploi couvert par nos PV et ce qu’il implique sur la conception.

Vous avez un projet de container coupe-feu pour groupe électrogène ?

Notre bureau d’études container étudie votre cahier des charges sous 48 h.

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Sources : Arrêté du 25 juin 1980, articles EL 5 et EL 7 (règlement de sécurité ERP) · Arrêté du 22 mars 2004 relatif à la résistance au feu des produits, éléments de construction et d’ouvrages · Arrêté du 3 août 2018 relatif aux installations soumises à déclaration au titre de la rubrique 2910 (AIDA / Ineris) · NF EN 13501-2 (classification), NF EN 1363-1, NF EN 1364-1, NF EN 1366-1, NF EN 1366-2, NF EN 1366-3, NF EN 1634-1 (essais). Valeurs réglementaires vérifiées en septembre 2026.

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